Il y a 4 critères qui différencient la violence conjugale de la chicane de couple. D’abord, la notion de pouvoir est importante, dans une relation où il existe de la violence conjugale, le conjoint violent cherchera à obtenir le pouvoir en intimidant, en menaçant ou en infériorisant sa partenaire. Tandis que dans le cas d’un conflit, les partenaires vivront un différent et chercheront le pouvoir sur la situation et non sur l’autre personne. Ils utiliseront des arguments pour convaincre et non la violence.
Ensuite, la violence conjugale n’est pas un acte impulsif sous le coup de la colère, mais est utilisée avec l’intention choisie de gagner du pouvoir sur l’autre. Tandis que dans une chicane de couple l’intention est de gagner sur le sujet du conflit, qui n’est pas un prétexte pour prendre le contrôle.
Puis, la violence conjugale se distingue par son aspect cyclique et récurrent. C’est-à-dire qu’un cycle s’installe de façon progressive et se répète pour permettre au conjoint violent d’établir sa domination. Tandis que la chicane de couple est non planifiée et porte sur un sujet spécifique, qui peut revenir dans la relation comme un sujet récurrent et conflictuel, mais non pas comme un cycle.
Finalement, la violence conjugale a un grave impact et un effet destructeur sur la personne qui la subit : blessures, perte d’estime de soi, peur, sentiment d’impuissance, etc. La victime n’est pas libre de donner son opinion et ses arguments. Par contre, lors d’un conflit, les deux partenaires sont libres de réagir et de s’exprimer, car la peur n’est pas présente.
Tiré de : « Contexte de violence conjugale ou chicane de ménage : bien faire la distinction afin de mieux intervenir »– Atelier présenté dans le cadre du colloque de Plaidoyer-Victimes– par Diane Prud’homme et Louise Riendeau, Site Internet du Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale :